VISAGE DE FEU
Marius von Mayenburg
CREATION [2002] • Théâtre Le Colombier
- Ce qui est malade et normal n’est ici pas clairement identifiable ; nous sommes sur la frontière, le vertige de ces deux états. Fascinés nous faisons tout pour comprendre. C’est l’informulé, tout ce qui est inexprimable, tout ce qui cherche une voie dans un coeur, l’instinct, les mobiles irraisonnés de ces instants où l’homme rompt les liens avec sa propre existence. Visage de feu est un drame familial violent, une sorte de tragédie qui se consume et dont les Dieux ont été oubliés. Mais Kurt n’est pas un Héros Tragédien entraîné à se battre contre l’inertie, pas plus qu’un Antihéros victime d’un théâtre “social-romantique”. Ici ce n’est pas Kurt qui a besoin d’aide, c’est Dieu. Pris au piège dans une existence froide, ce psychopathe pubertaire veut vivre, mais ne veut pas grandir. L’inceste, le meurtre, l’automutilation par le feu lui servent de preuves de sa propre existence. Le vide existentiel est trop puissant et fait surgir une violence caractérielle, ésotérique, même plus favorable à nourrir la complaisance et le confort révolutionnaire. Sans expliquer les clichés et les raisons de cette violence, un peu comme en amour, cette pièce échappe à sa manière au sens et nous permet de construire le théâtre passionnant du combat face à la vie. Il ne s’agira pas d’accuser le capitalisme, la mondialisation ou la violence à la télévision ni les parents. Ce serait trop tentant d’en faire des boucs émissaires. Cela nous permet de regarder ailleurs. Le théâtre donne la possibilité de saisir cet ailleurs, Kurt et Olga nous montrent aussi que cette difficulté à grandir est avant tout proportionnelle à une furieuse envie de vivre. Nous protégeons nos disques durs comme l’homme de l’âge de pierre protégeait le feu —“Tant que quelqu’un brûle il vit”— Le feu peut être une réponse, une provocation brute à nos doutes, à notre maladroite hypertrophie cérébrale, à notre mutisme tout contemporain. Élément “primordial”, cette histoire d’amour entre un frère et une soeur viendra révéler à l’image d’un virus la grande fragilité d’un organisme. Ici l’amour jouera le rôle du révélateur, enflammant, accélérant le processus inéluctable qui conduit à la mort, rejoignant par là cette soif de vie.
- Texte Marius von Mayenburg
- Mise en Scène : Mikaël Serre
- Assistante à la mise en scène : Pia Eriksson
- Scénographie et Costumes : Anne-Charlotte Vimont
- Lumière : Marek Lamprecht
Avec
- Sharon Amir, Olav H. Benestvedt, Lee De Long, Olivier Luppens, Jean Soumagnas
- Co-réalisation avec le Théâtre le Colombier
- Production Théâtre Bathyscaphe
- Coproduction Théâtre Bathyscaphe, Théâtre de la Ville de Remscheid. Avec le soutien de la direction régionale des affaires culturelles d’Ile-de-France -Ministère de la culture et de la communication. Avec la complicité du Goethe Institut de Paris.

RGA
Von Anne-Kathrin Reif
Und das ist zweifellos ein Kunststück. Seine Inszenierung funktioniert fast wie eine Choreografie im Wechsel von Ensemble-Szenen, Duos in verschiedenen Konstellationen und herausgehobenen, ins Mikrofon gesprochenen Soli. Von Anfang an mit viel Bewegung und hohem Tempo gespielt entsteht dennoch auf wunderliche Weise eine immer zähe, immer unerträglicher werdende Atmosnhäre von langéweile, Überdruss, Sinnlosigkeit, Entfremdung und’ Ekel, welche das Stück die Nähe eines „Theaters des Absurden » rückt. Die Begeisterung des überwiegend jungen Publikums im Teo Otto Theater bewies: Ein junger Autor und ein junger Regisseur (beide Jahrgang 1973) haben mit zeitgemäßem Theater einen Nerv getroffen.
BERGISCHER ANZEIGER
Von Christian Peiseler
Dieses Katastrophengebrau will der Regisseur Mikael Serre mit den Mitteln des Theaters bändigen.rückt Er die Figuren nicht nur in eine Grundhaltung der Depression, sondern findet immer wieder Möglichkeiten, durch Gesang, Tanz und Kleine Slapsticknummern die dunkle Seite farbig zu beleuchten. Mit Olav Benestvedt als Kurt und Sharon Amir als Olga hat er zwel Schauspieler die mit grober Körperlichkelt den hartenText (die Aufführung fand in Französisch mit Untertiten statt) unterlegen.
Photos © Mikaël Serre

